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July 22, 2024
DOSSIER

MESSAGE DU ROI MOHAMMED VI AUx PARTICIPANTS à LA CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA SANTÉ

  • mai 3, 2019
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MESSAGE DU ROI MOHAMMED VI AUx PARTICIPANTS à LA CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA SANTÉ

Le Roi Mohammed VI a adressé un message aux participants de la célébration de la JMS 2019 au Maroc. C’est le ministre Doukkali qui a lu ce message au cours d’une cérémonie qu’ont co-organisée à l’auditorium de Maroc Télécom à Rabat le 8 avril, le ministère de la Santé du Maroc et l’OMS. Vous pouvez lire dans ce numéro de votre magazine l’intégralité de ce message royal que l’assistance a suivi avec attention du début à la fin.

L’on peut dès à présent citer le passage suivant du message qui met l’accent une fois de plus sur les soins de santé primaires et qui fait le lien entre ces soins, le droit à la santé comme partie intégrante des Droits de l’Homme :

« De fait, l’importance capitale que revêtent les soins de santé primaires, en général, et notamment dans le cadre du Système de santé, procède du fait qu’ils constituent un dispositif couvrant toutes les composantes de la société, et ciblant les besoins et les priorités des individus, des familles et des communautés. L’enjeu est de prendre soin de leur santé, dans ses aspects physique, psychique et social, de manière globale et interdépendante, en termes de conseil, de prévention, de soins et de réhabilitation.

« De même, le système de soins de santé primaires repose sur l’engagement à réaliser la justice sociale et l’égalité d’accès aux soins de santé, ainsi que sur la reconnaissance du droit fondamental de jouir du meilleur état de santé possible, comme le stipule l’Article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et le prévoit la Constitution de l’OMS de 1948. »

Au cours de la cérémonie à l’auditorium, a été signée une « Charte sur la Prévention et le Contrôle des Maladies Non-Transmissibles. » Cette charte est particulièrement importante, car la cible numéro 4 parmi les 13 cibles qui constituent l’ODD3 est « la réduction de la mortalité due aux maladies non-transmissibles et la promotion de la santé mentale. »

Pour alerter toute la ville sur l’importance de la JMS, la tour de Maroc Télécom où s’est tenue la cérémonie, est restée illuminée en permanence les 6 et 7 avril, diffusant des messages spécifiques sur la santé.

Dans la déclaration solennelle qu’il a faite le 6 avril au siège de l’OMS à Genève avant de se rendre au Maroc, le DG de l’OMS a invité les dirigeants du monde à se préparer pour la rencontre de Haut-Niveau de l’ONU sur la couverture de santé universelle qui se tiendra au siège de l’ONU à New York le 23 septembre 2019, durant l’Assemblée Générale des Nations Unies. (www.uhc2030.org/un-hlm-2019 )

Cette rencontre sera un moment de vérité pour tout pays : chaque gouvernement devra montrer ce qu’il fait pour offrir la couverture de santé universelle à ses habitants, ou le point où il se trouve dans sa trajectoire pour offrir cette couverture. Que diront les gouvernements africains à la face du monde? Aurons-nous honte ?

À en juger par ce qui se fait au Maroc, et que relate l’article sur l’approche et le modèle marocains de la CSU, le gouvernement marocain aura des réalisations probantes à présenter.

LA COUVERTURE DE SANTÉ UNIVERSELLE

L’APPROCHE ET LE MODÈLE MAROCAINS

D’une certaine manière, l’on peut dire que c’est au Maroc que la Journée Mondiale de la Santé a eu cette année le plus d’éclat. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons dont les suivantes : le ministère de la Santé du Maroc a fait les choses en grand, sur deux jours, les 7 et 8 avril 2019 ; de nombreux événements ont réuni entre autres le Chef du gouvernement, le personnel de la santé, d’autres ministères, la population, et les grands sportifs, symboles populaires de la santé ; le Roi Mohammed VI du Maroc a adressé un important message aux participants.

Mais surtout, c’est au Maroc qu’a décidé de se rendre le Directeur Général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour célébrer la Journée Mondiale de la Santé. C’est le 7 avril 1948 que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a été créée. L’on a choisi cette date pour célébrer la santé dans le monde. Que le Directeur Général de l’OMS décide de fêter cette journée dans un pays, est un symbole. Monsieur Anass Doukkali, ministre de la Santé du Maroc, n’en est pas seulement honoré. Avec le personnel de santé du pays, et la population marocaine, il mesure la portée du symbole de ce déplacement dans leur pays, du responsable numéro Un de la santé dans le monde. Pourquoi le Maroc ?

Incontestablement en Afrique, le Maroc fait des progrès en matière de santé. Il est même désormais un modèle, dans le haut de gamme, si l’on en juge par le nombre de personnalités y compris les chefs d’État et membres de leur famille, qui sont chaque année évacuées d’Afrique subsaharienne vers le Maroc pour se faire soigner.

Mais ce qui est moins visible et qui est une force en construction du système de santé marocain c’est que l’entrée de gamme est tout aussi performante. Nous parlons ici de la Couverture de Santé Universelle (CSU). « Soins de santé primaires : la voie vers la couverture de santé universelle », thème de la Journée Mondiale de la Santé cette année, reflète directement le souci des gouvernements pour instaurer la CSU.

Réunis à l’Assemblée Générale des Nations Unies en septembre 2015 les gouvernements du monde entier ont adopté 17 objectifs de développement durable (ODD) à réaliser au plus tard en 2030.

Le troisième de ceux-ci, l’ODD3 concerne la santé. L’OMS a défini 13 cibles et 18 indicateurs pour mesurer le progrès de chaque pays vers la réalisation de l’ODD3 dont le but général est de « garantir une vie saine et promouvoir le bien-être pour tous et à tous les âges ».

Chaque ODD impose des obligations aux gouvernements. Celles-ci sont représentées par les cibles qui précisent ce que signifie l’ODD en question. Des indicateurs sont définis et servent de métrique pour traquer le progrès ou le retard dans la marche vers les cibles.

Ainsi, les neuf premières cibles de l’ODD3 sont : la réduction de la mortalité maternelle, l’élimination de toute mort évitable pour les enfants de moins de 5 ans ; la lutte contre les maladies transmissibles ; la réduction de la mortalité due aux maladies non-transmissibles et la promotion de la santé mentale ; la prévention et le traitement de la toxicomanie ; la réduction des blessures et des décès sur les routes ; l’accès universel aux soins de santé sexuels et

reproductifs et à la planification familiale et à l’éducation ; la généralisation de la CSU ; et la réduction des maladies et du nombre de décès dus aux produits chimiques dangereux et à la pollution.

Combien de pays africains atteindront au plus tard en 2030 comme leur gouvernement en a pris l’engagement, rien que ces neuf cibles, qui ne sont qu’une partie des 13 cibles de l’ODD3 ?

Arrêtons-nous à la cible 8 : la généralisation de la CSU. Voyons ce qui se fait au Maroc. Lors de la célébration de la Journée Mondiale de la Santé, le ministère de la Santé du Maroc a mobilisé la population sur l’importance d’étendre la CSU à tous les habitants.

C’est un défi national que le ministère de la Santé marocaine ne doit pas être seul à relever, même s’il est le leader dans ce combat. Le secteur privé, les ONG et toutes les parties prenantes doivent jouer leur rôle. Il s’agit de fournir à tous, les soins de santé primaire. Toute la nation marocaine est appelée à participer à l’effort pour réaliser la CSU.

Le Roi Mohammed VI a souligné cette dimension participative dans son message : « La couverture de santé universelle n’est pas tributaire du financement seulement, ni ne se limite aux efforts exclusifs du secteur de la santé. » Dans ce message, le Roi du Maroc a plusieurs fois insisté sur la CSU. Il en a parlé pas moins de neuf fois. Voici quelques extraits :

« Nous ne pouvons que Nous féliciter du choix du thème pour la commémoration de cette Journée [Mondiale de la Santé], à savoir «soins de santé primaires : la voie vers la couverture santé universelle «, et ce, au vu de l’intérêt particulier que Nous n’avons de cesse de porter au système de protection sociale, en général, et à la santé des citoyennes et citoyens, plus particulièrement. »

« Vous n’êtes pas sans savoir que plus de la moitié de la population mondiale ne bénéficie pas de la couverture médicale de base, bien que la couverture santé universelle revête une importance extrême pour les individus et la collectivité, comme elle l’est aussi pour les systèmes de santé, et, bien au-delà, pour la communauté internationale tout entière.»

« La couverture-santé universelle n’est pas un objectif hors de portée, tout comme elle n’est pas l’apanage des seuls pays avancés. Nombre d’expériences ont en effet montré, de façon tangible, que cet objectif est parfaitement réalisable, quel que soit le niveau de développement d’un pays. »

« Par ailleurs, la couverture-santé universelle doit prendre en considération certaines priorités, dont la veille épidémiologique, la lutte contre les épidémies transfrontalières et le renforcement des systèmes de santé. Y font partie également la contribution au développement socio-économique et la satisfaction des besoins et des attentes des populations, en matière de santé et des coûts y afférents. »

« Les soins de santé primaires revêtent une importance capitale dans la mesure où ils permettent l’instauration de la couverture-santé universelle, à travers l’adoption de mécanismes mutualistes et solidaires permettant de faire face aux risques et à la tendance exponentielle des dépenses de santé, en réponse aux grandes mutations qui s’opèrent dans le monde, et qui défient les systèmes de santé et leurs modalités de financement. »

« C’est pourquoi, Nous soulignons la nécessité d’enclencher une dynamique nouvelle pour dépasser les différents obstacles et contraintes. L’amélioration du système des soins de santé primaires devra s’inscrire comme un des piliers majeurs de cette dynamique, concomitamment à l’engagement de progresser vers l’atteinte de la couverture-santé universelle, à l’horizon 2030. »

« Le Maroc s’est également engagé dans la mise en œuvre de l’assurance maladie obligatoire de base au profit des professionnels, des travailleurs indépendants et des non-salariés. L’objectif final étant de compléter le projet de Couverture santé universelle et permettre l’accès équitable aux services de santé, comme le stipule la Constitution du Royaume du Maroc. »

« Nous voudrions saisir cette opportunité pour saluer hautement le rôle d’avant-garde que joue l’OMS, en matière de soutien au processus de mise en place de la couverture santé universelle. »

Ainsi est démontrée, au plus haut niveau du Royaume du Maroc, la volonté de ce pays d’atteindre la CSU à l’horizon 2030. Qu’en est-il concrètement pour le Marocain ou la Marocaine dans leur vie aujourd’hui ? Où en est leur pays dans la marche vers la CSU ?

Le but de la CSU est d’assurer à tout individu, des soins de santé sans qu’il en soit jamais exclu parce qu’il n’a pas d’argent, quelle que soit la maladie.

Au Maroc, existe déjà la Couverture Médicale de Base (CMB). C’est un solide acquis dont profite tout Marocain. La CMB est un tremplin vers la CSU. Comme le nœud du problème pour la réalisation est l’insuffisante capacité financière de nombreux patients, les autorités marocaines ont attaqué le problème de la CSU en mettant la priorité sur la protection des tranches vulnérables de la population. Cette approche se matérialise par le Régime d’Assistance Médicale (RAMED).

Le RAMED est une expérience marocaine originale dont d’autres pays africains pourraient avantageusement s’inspirer. En 2002, le Maroc a mis en place deux régimes de couverture médicale de base : l’Assurance Maladie

Obligatoire de base (AMO), et le RAMED. L’AMO, qui fonctionne selon les méthodes classiques de l’assurance sociale, couvre notamment les personnes ayant un emploi, les retraités, les membres de l’armée de libération, et les étudiants.

Le RAMED protège les personnes démunies. Les critères d’éligibilité au RAMED ont été définis par l’article 2 du décret N°2-08-177 du 29 septembre 2008, modifié et complété par le décret N° 32-11-199 du 26 septembre 2011. Pour coller au plus près à la réalité de la condition de vie des personnes et familles concernées, ces décrets ont établi des critères spécifiques d’éligibilité selon que l’on est en milieu urbain ou rural. Évitant la bureaucratie, ces critères sont simplement et clairement formulés. D’ailleurs, il n’y en a que deux dans chacun des deux cas.

Les critères en milieu urbain sont : (1) « Avoir un score patrimonial, calculé sur la base de l’ensemble des éléments constituant son patrimoine, inférieur ou égal à 70 par personne composant le ménage. » (2) « Avoir un score des conditions socioéconomiques, calculé sur la base de variables liées aux conditions de vie du ménage, inférieur ou égal à 6. »

Les critères en milieu rural : (1) « Avoir un score patrimonial, calculé sur la base de l’ensemble des éléments constituant son patrimoine, inférieur ou égal à 70 par personne composant le ménage. » (2) « Avoir un score des conditions socioéconomiques, calculé sur la base de variables liées aux conditions de vie du ménage, inférieur ou égal à 6. »

En plus de cette clarté et simplicité, le RAMED a un site internet qui fournit toutes les informations dont les concernés peuvent avoir besoin : www.ramed.ma .

L’introduction du RAMED au Maroc a sensiblement amélioré les conditions de santé des populations défavorisées. Le RAMED a aussi permis au taux de couverture de la CMB de faire un bond pour atteindre 62 %, selon les plus récentes statistiques.

De ce qui précède, il ressort que le Maroc est en bonne voie pour réaliser la CSU dans les délais, pas plus tard qu’en 2030. Des organes internationaux indépendants ou liés à des États, officiels ou non-officiels, se chargent de mesurer la progression des pays vers les OMD. L’un de ceux-ci est évidemment l’OMS.

Il y en a d’autres. En dehors de l’OMS, le plus connu est peut-être le SDG-Tracker, qui est une action conjointe de chercheurs de l’Université d’Oxford et du Global Change Data Lab (www.sdg-tracker.org ). Le SDG-Tracker rassemble sur son site internet des données sur chacun des pays qui se sont engagés à réaliser les 17 ODD. Mises à jour régulièrement, ces données fournissent des tableaux interactifs grâce auxquels chacun peut suivre presque mois par mois, la trajectoire de tout pays sur le chemin des ODD.

Le SDG-Tracker montre aussi que le Maroc est sur le bon chemin pour la réalisation de la CSU. Tout en poursuivant leurs efforts pour cette réalisation au profit de tous les Marocains, les autorités du Royaume chérifien s’apprêtent à une initiative qui fera l’honneur de leur pays.

Longtemps pays d’émigration, le Maroc est depuis peu, devenu un pays de passage et d’immigration. ’Espérant atteindre l’Europe, des Africains subsahariens en nombre croissant passent par le Maroc. D’autres décident de s’y installer. Dans tous les cas, ces populations sont fragiles, souvent démunies. Mais tout être humain, pauvre ou riche, a droit à la santé. Que faire pour ces migrants désargentés ?

La nouvelle initiative des autorités de santé du Maroc vise à assurer à tous les migrants en situation régulière au Maroc, une couverture médicale de base.

La réalisation de la CSU est un objectif que le Maroc très probablement atteindra. Ce n’est pas un rêve lointain, voire impossible comme c’est le cas dans les conditions actuelles de nombreux pays africains, selon le SDG-Tracker. Au Maroc, même pour les migrants démunis, mais en situation régulière, la couverture médicale de base sera bientôt une réalité. En Afrique, l’approche et le modèle marocain vers la CSU feront-ils école ?

Message DU ROI MOHAMMED VI aux participants à la célébration de la Journée Mondiale de la Santé

Le Roi Mohammed VI, a adressé un message aux participants à la célébration de la Journée Mondiale de la Santé 2019 à Rabat sous le thème «Soins de santé primaires : la voie vers la couverture santé universelle».

Voici le texte intégral du Message royal lu par le ministre de la Santé, M. Anass Doukkali:

«Louange à Dieu, Prière et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Il Nous est agréable, de prime abord, d’adresser nos remerciements à l’Organisation mondiale de la Santé pour avoir choisi le Royaume du Maroc, et la ville de Rabat précisément, pour accueillir la célébration de la Journée mondiale de la Santé pour l’année 2019.

Nous voudrions, à cette occasion, saluer les grands efforts qu’a déployés l’OMS, avec, à sa tête son Directeur général, Son Excellence Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, en coordination avec le gouvernement marocain, pour assurer les conditions favorables à la réussite de cette importante manifestation internationale.

A cet égard, Nous ne pouvons que Nous féliciter du choix du thème pour la commémoration de cette Journée, à savoir «soins de santé primaires : la voie vers la couverture santé universelle «, et ce, au vu de l’intérêt particulier que Nous n’avons de cesse de porter au système de protection sociale, en général, et à la santé des citoyennes et citoyens, plus particulièrement.

De fait, l’importance capitale que revêtent les soins de santé primaires, en général, et notamment dans le cadre du Système de santé, procède du fait qu’ils constituent un dispositif couvrant toutes les composantes de la société, et ciblant les besoins et les priorités des individus, des familles et des communautés. L’enjeu est de prendre soin de leur santé, dans ses aspects physique, psychique et social, de manière globale et interdépendante, en termes de conseil, de prévention, de soins et de réhabilitation.

De même, le système de soins de santé primaires repose sur l’engagement à réaliser la justice sociale et l’égalité d’accès aux soins de santé, ainsi que sur la reconnaissance du droit fondamental de jouir du meilleur état de santé possible, comme le stipule l’Article 25 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et le prévoit la Constitution de l’OMS de 1948.

Si la mise à disposition des ressources financières et humaines appropriées en matière de santé est indispensable pour garantir les soins de santé primaire, il est impératif d’appréhender avec méthodologie les déterminants les plus larges de la santé, y compris les facteurs sociaux, économiques, environnementaux et comportementaux.

Ceci passe nécessairement par l’élaboration et l’adoption de politiques et de mesures sectorielles et intersectorielles, qui tiennent compte de ces facteurs dans leur ensemble, dans le cadre de la responsabilité partagée de tous les intervenants dans le domaine de la santé, ce qui leur dicte de conjuguer les efforts et de rationaliser les ressources.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Vous n’êtes pas sans savoir que plus de la moitié de la population mondiale ne bénéficie pas de la couverture médicale de base, bien que la couverture santé universelle revête une importance extrême pour les individus et la collectivité, comme elle l’est aussi pour les systèmes de santé, et, bien au-delà, pour la communauté internationale tout entière.

La couverture-santé universelle n’est pas un objectif hors de portée, tout comme elle n’est pas l’apanage des seuls pays avancés. Nombre d’expériences ont en effet montré, de façon tangible, que cet objectif est parfaitement réalisable, quel que soit le niveau de développement d’un pays.

Toutefois, pour honorer cet engagement, il convient de réunir certaines conditions fondamentales dans le système de santé. Parmi lesquelles figurent l’adoption d’une politique médicamenteuse pertinente, visant à garantir l’accès aux médicaments élémentaires dont dépendent les programmes prioritaires de santé publique, et l’encouragement de la production locale de médicaments génériques et de matériel médical de qualité, dans l’optique d’atteindre la souveraineté médicamenteuse.

Parallèlement, pour réaliser cet objectif, il convient de renforcer la protection financière des individus et des familles, de sorte à éviter que les citoyens, particulièrement ceux à revenus limités, ne soient contraints à recourir à leurs fonds propres, pour payer la majeure partie des frais de soins.

Au demeurant, les pays doivent conjuguer leurs efforts pour conférer plus d’efficience à leurs actions tendant à réaliser le troisième Objectif parmi ceux du Développement Durable, à savoir permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous, à tout âge, à l’horizon 2030, tel que le Maroc, à l’instar des autres membres de la communauté internationale, en a pris l’engagement.

Par ailleurs, la couverture-santé universelle doit prendre en considération certaines priorités, dont la veille épidémiologique, la lutte contre les épidémies transfrontalières et le renforcement des systèmes de santé. Y font partie également la contribution au développement socio-économique et la satisfaction des besoins et des attentes des populations, en matière de santé et des coûts y afférents.

De même, la couverture-santé universelle n’est pas tributaire du financement seulement, ni ne se limite aux efforts exclusifs du secteur de la santé. Mais, elle suppose en outre la prise d’un ensemble de mesures propres à assurer un accès égal et équitable aux services de santé, et réaliser le développement durable, l’insertion et la cohésion sociales.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Les soins de santé primaires revêtent une importance capitale dans la mesure où ils permettent l’instauration de la couverture-santé universelle, à travers l’adoption de mécanismes mutualistes et solidaires permettant de faire face aux risques et à la tendance exponentielle des dépenses de santé, en réponse aux grandes mutations qui s’opèrent dans le monde, et qui défient les systèmes de santé et leurs modalités de financement.

Aussi, est-il nécessaire, pour assurer l’efficacité des soins de santé primaires, de mettre en place des instruments novateurs de financement, particulièrement au vu d’un contexte général marqué par l’augmentation des dépenses de santé, le vieillissement rapide de la population mondiale, la prévalence des maladies chroniques et la disponibilité de nouveaux traitements à coût élevé. Cela implique, en premier lieu, de rechercher des mécanismes à même d’enrayer les déperditions dans les financements et de réduire l’inefficience.

C’est pourquoi, Nous soulignons la nécessité d’enclencher une dynamique nouvelle pour dépasser les différents obstacles et contraintes. L’amélioration du système des soins de santé primaires devra s’inscrire comme un des piliers majeurs de cette dynamique, concomitamment à l’engagement de progresser vers l’atteinte de la couverture-santé universelle, à l’horizon 2030.

C’est bien là l’objectif que Nous nous efforçons d’atteindre, via la mise en place et le renforcement des politiques de protection sociale, et la poursuite de la mise en œuvre progressive de la couverture médicale de base, de façon à l’étendre à l’ensemble des citoyens, toutes couches sociales et toutes catégories confondues.

Le Maroc a d’ores et déjà franchi d’importantes étapes dans l’instauration des Régimes de Couverture médicale de base, comme en témoignent l’entrée en vigueur, en 2005, de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et la généralisation, en 2012, du Régime d’Assistance Médicale (RAMED). En outre, une panoplie de mesures a été prise afin d’élargir l’accès aux régimes d’assurance maladie aux étudiants du secteur public et de la formation professionnelle, ainsi qu’aux immigrés et aux parents des assurés.

Le Maroc s’est également engagé dans la mise en œuvre de l’assurance maladie obligatoire de base au profit des professionnels, des travailleurs indépendants et des non-salariés. L’objectif final étant de compléter le projet de Couverture santé universelle et permettre l’accès équitable aux services de santé, comme le stipule la Constitution du Royaume du Maroc.

Nous voudrions cependant exhorter le gouvernement à diligenter l’adoption des textes législatifs et réglementaires portant sur la réforme des soins de santé primaires, et à poursuivre l’élargissement de l’AMO. il s’agit, en l’occurrence, de permettre le renforcement de l’accès à des soins de santé de proximité répondant aux standards de qualité, à coûts raisonnables, tout en conférant davantage de responsabilité aux régions, dans le cadre de la régionalisation avancée et de la déconcentration administrative.

A cet égard, Nous tenons à exprimer nos remerciements à l’OMS, pour son soutien constant au Royaume du Maroc dans ses efforts pour l’amélioration du système de santé national, l’optimisation des prestations de santé offertes aux citoyens et la lutte contre les maladies, notamment dans le cadre de la réforme des soins de santé primaires, et de l’Accord de la Stratégie de coopération conclu entre le Maroc et l’OMS pour la période 2017-2021.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Nous voudrions saisir cette opportunité pour saluer hautement le rôle d’avant-garde que joue l’OMS, en matière de soutien au processus de mise en place de la couverture santé universelle.

C’est avec un grand intérêt que Nous attendons les conclusions et les recommandations pertinentes qui émaneront de cette assemblée mondiale, qui, Nous l’espérons, conforteront la dynamique actuellement à l’œuvre dans ce secteur vital.

En vous souhaitant la bienvenue dans votre deuxième pays, le Maroc, et un agréable séjour parmi nous, Nous implorons le Très-Haut de couronner vos travaux de succès.

Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh».

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Hommes d'Afrique Magazine

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