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February 28, 2024
EDUCATION

UNION AFRICAINE / 10ème Assemblée extraordinaire : La Zone de Libre Echange officiellement lancée

  • mai 12, 2018
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UNION AFRICAINE / 10ème Assemblée extraordinaire : La Zone de Libre Echange officiellement lancée

 

L’histoire retiendra que c’est au cours de la dixième session extraordinaire de l’Assemblée de l’Union Africaine tenue à Kigali au Rwanda cette année, que le projet sur la Zone de libre-échange continentale a été adopté. En attendant sa ratification, ceci peut d’ores et déjà être mis sur le compte des succès du président du Rwanda, Paul Kagame.

Tenue du 17 au 21 mars 2018 dans la capitale rwandaise, la 10ème session extraordinaire de l’Assemblée de l’Union Africaine a donné beaucoup d’espoirs en ce qui concerne l’unité et la marche en avant de notre continent. L’hôte du sommet, le président Paul Kagame donnait déjà les directives à l’ouverture des travaux : « L’ordre du jour d’aujourd’hui est d’adopter l’accord établissant le La zone de libre-échange continentale africaine, ainsi que le protocole la libre circulation des personnes et la déclaration de Kigali, qui exprime notre unité pour faire avancer notre continent. » Ses pairs présents, parmi lesquels le nouveau président sud-africain Cyril Ramaphosa, l’ont honoré de manière grandiose. A bien des égards, c’est incontestablement un succès diplomatique que le président rwandais vient de glaner sur la scène continentale.

50 pays représentés au sommet
Selon le procès-verbal du sommet, 50 pays étaient représentés à Kigali. Les uns par leur chef de l’Etat, les autres par leur vice-président et certains par leur ministre des affaires étrangères, ministre des finances ou ministre du commerce. Des réunions préparatoires tenues depuis le 17 mars par les différentes délégations (composées des ministres des affaires étrangères, des ministres du commerce ou encore des ministres de la justice), trois textes en sont sortis et présentés aux dirigeants dans la journée du 21 mars. Ce sont : l’accord sur la Zone de libre-échange continentale (ZLEC), le protocole de libre-circulation des populations sur le continent et la déclaration de Kigali, le texte solennel du sommet. Au final, il y lieu de souligner que 40 pays ont signé l’accord établissant la Zone de libre-échange continentale, 30 ont paraphé le protocole de libre circulation des personnes sur le continent et 47 ont approuvé la déclaration de Kigali.
Le Nigéria, grand absent de ce sommet, avait annoncé quelques jours avant le début du conclave de Kigali l’absence de son chef de l’Etat. En effet, à travers un communiqué de la présidence nigériane, le pays annonçait ne pas être encore prêt pour la signature de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale. Et pour cause, Muhammadu Buhari, le président du Nigeria, n’avait pas encore fini les négociations et les consultations avec les acteurs du secteur privé ; et que celles-ci se poursuivaient.
La prochaine étape du travail abattu à Kigali est la ratification. L’Union Africaine tiendra un sommet au mois de juillet de cette année, à Nouakchott en Mauritanie. L’institution panafricaine table d’ici là sur environ 22 ratifications, pour l’entrée en vigueur à partir de janvier 2019 de la Zone de libre-échange continentale. Ceci se fera bien entendu sans l’Afrique du Sud et le Nigéria pour le moment, en attendant que ces deux grosses économies du continent se joignent aux autres pour faire avancer le processus déjà enclenché. Malgré la présence du nouveau président sud-africain à Kigali, le pays de Nelson Mandela n’a signé que la déclaration de Kigali.
Bien sûr que tout n’est pas rose sous le ciel africain après le sommet de Kigali, mais la motivation des uns et des autres, à travers diverses et nombreuse déclarations avant, pendant et après le sommet, est d’aller de l’avant. Et la question du lieu d’installation du secrétariat de la zone, un sujet très sensible, trouvera à coup sûr une réponse consensuelle.

 

ZONE DE LIBRE ECHANGE AFRICAIN

POURQUOI EST-IL IMPERATIF DE SIGNER?

 

L’année 2018 très certainement rentre dans les annales de l’histoire de l’Afrique avec l’impulsion donnée par la signature d’une série d’Accords essentielle au développement économique de l’Afrique. Quarante-quatre pays africains ont signé à Kigali-Rwanda l’accord créant une Zone de libre-échange continentale (ZLEC). L’Afrique met ainsi en route sa volonté de construire sa zone franche. Diversifier les économies africaines, industrialiser le continent, et de fait lui offrir une plateforme de choix pour négocier de meilleurs accords commerciaux avec l’extérieur. Tels sont des éléments à attendre de cet accord. De ses 55 Etats membres, 40 ont signés attestant leur adhésion mais il est impératif d’aller de l’avant…

Aujourd’hui, seulement 16 % du commerce des pays africains s’effectue avec d’autres pays du continent. L’UA estime que sa mise en œuvre permettra d’augmenter de près de 60 % d’ici à 2022 le niveau de commerce intra-africain. La Zone de Libre Echange doit en effet permettre l’élimination progressive des droits de douane entre pays membres, favorisant ainsi le commerce au sein du continent et permettant aux pays africains de s’émanciper d’un système économique trop centré sur l’exploitation des matières premières. C’est à imaginer l’Afrique exploitant ses propres ressources, les transformant sur son sol et les commercialisant prioritairement au profit de son peuple. Un marché potentiel de 1,2 milliard de personnes.
Malgré les efforts mobilisés, certains ont encore des réticences. Ces réticences proviennent pourtant des quelques grandes régions économiques souvent perçus comme exemples. C’est à croire que les désirs de maintenir les monopoles dans ces régions priment sur la volonté continentale. Si non comment comprendre que le géant de l’Afrique de l’Ouest se défile à la dernière minute sous la raison d’un mécontentement syndical ? Les négociations au niveau des pays ont-elles été menées raisonnablement ? Certes , des défis sont à envisager comme pour toutes reformes. Au-delà des raisons justifiées ou justifiables de ceux qui n’ont pas signés, ce qu’il faut relever c’est qu’il est aujourd’hui impératif d’avoir un marché africain. L’Afrique gagnerait donc à commencer avec ceux qui ont compris l’enjeu. « Nous sommes venus ici pour répondre à l’aspiration de nos peuples à l’intégration et à l’unité » a déclaré le Président de la Commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat.
Une zone de libre-échange est constituée de pays membres éliminant entre eux les droits de douane ainsi que les restrictions quantitatives à l’importation, mais conservant chacun leur propre politique commerciale vis-à-vis des pays tiers. Avec un marché unique sur le continent, il est attendu une hausse du commerce intra-africain. Cependant, cet accord doit être facilité par la libre circulation des personnes et des biens. Cet accord a officiellement fait de l’Afrique, un marché unique ouvert pour tous les Africains. La Secrétaire exécutive de la CEA Mme Vera Songwe a exhorté les États membres à ratifier rapidement la ZLEC, rappelant que l’accord n’entrerait en vigueur qu’une fois ratifié par le quota des pays.
Elle en outre déclaré que l’indice pays des entreprises de la ZLEC, lancé par la CEA lors du Sommet, sera l’un des outils de suivi, à travers des enquêtes périodiques sur les opinions des entreprises au sujet de l’impact réel de l’accord sur le commerce.
De plus, 43 pays ont également signé la déclaration de Kigali tandis que 27 pays ont signé le protocole de la libre circulation des personnes. Ceci suppose en d’autres termes qu’il pourra désormais être non seulement possible, mais aisé pour une femme d’affaires de partir de la Côte d’Ivoire pour investir en Ethiopie et vice-versa. Seulement, la réalité sur le terrain montre encore des réticences déjà au niveau de la circulation des personnes. Peu sont ces Etats qui consentent à suivre l’exemple des pays ayant levés le droit de visa pour tout africain désireux de fouler son sol.

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Hommes d'Afrique Magazine

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