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February 21, 2024
FOCUS

La CENTRAFRIQUE et le Soudan du Sud supplantent l’agriculture

  • février 16, 2014
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La CENTRAFRIQUE et le Soudan du  Sud supplantent l’agriculture

22e Sommet de L’Union Africaine

Les dirigeants et leaders du continent se sont donné rendez-vous comme chaque année au mois de janvier à Addis-Abeba pour un Sommet de l’Union africaine. Du 21 au 31 janvier, le siège de l’UA a donc vécu au rythme de l’Afrique.

E n 2003, les dirigeants des pays membres de l’UA ont signé le Programme complet  pour le développement de l’agriculture en Afrique (CAADP), sous l’égide de l’UA et du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), avec l’espoir de développer l’agriculture africaine pour éradiquer la famine. Le CAADP est un cadre panafricain visant à redynamiser l’agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition afin d’aider les pays africains à atteindre un niveau plus élevé de croissance économique par un développement axé sur l’agriculture. Dans le cadre de ce programme complet, auquel plus de 20 pays d’Afrique ont adhéré fin 2013, les gouvernements africains se sont engagés à allouer au moins 10 % de leur budget  national respectif au secteur de l’agriculture chaque année. Le CAADP a dix ans. Une commémoration qui coïncide avec le thème qui a été retenu par l’Union africaine pour le 22e Sommet des Chefs d’État de l’organisation panafricaine consacré au développement et la transformation agricole.

Du 21 au 31 janvier leaders et dirigeants politiques, intellectuels africains, groupes de pressions et autres ONGs, partenaires au développement se sont retrouvés au siège l’Union Africaine à Addis- Abeba pour réfléchir sur les voies et moyens à mettre en œuvre afin que l’Afrique puisse avoir une agriculture compétitive, mais surtout être à mesure de pouvoir nourrir sa population sans avoir recours à une assistance extérieure. « Nous devons améliorer les ressources humaines pour favoriser les infrastructures et la recherche dans le domaine de l’agriculture, ce qui contribuera à renforcer la productivité sur le continent africain. L’Afrique n’a pas encore exploité ses terres arables alors que les autres continents ont presque épuisé les leurs. Le secteur de l’agriculture doit être le moteur de l’industrialisation sur le continent », a déclaré Mme Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l’UA, l’ouverture de ce sommet des Chefs d’État dont le thème était « Agriculture et Sécurité alimentaire » . Malheureusement, en dépit de l’importance du sujet, les dirigeants africains n’ont pas poussé la réflexion plus loin. Parce que rattrapés par l’urgence de la gestion et du règlement des nombreuses crises qui ont éclaté sur le continent.

Rendez-vous à Malabo

Contrairement à ce qui était attendu par les nombreux observateurs de la société civile et les partenaires au développement, ce 22e sommet qui devait être consacré à l’Agriculture et à la sécurité alimentaire en Afrique n’a pris aucune résolution en faveur du développement et de la transformation agricoles. Les dirigeants africains ont décidé d’en parler plus sereinement au sommet de juin prochain à Malabo en Guinée Équatoriale. C’est en tout cas l’information qu’a donnée Mme Zuma lors de la conférence de presse de clôture qu’elle a coanimée avec le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz dont le pays occupe pour un an la présidence en exercice de l’Union africaine. « Il y avait beaucoup d’autres sujets assez urgents. Les Chefs d’État ont donc décidé de débattre du thème consacré à l’Agriculture au prochain sommet en juin à Malabo », a expliqué la présidente de la Commission de l’UA.

Priorité au Soudan du Sud et à la Centrafrique

« À moins que nous ne trouvions de solutions urgentes, la situation de ces deux pays aura des implications sérieuses pour la paix et la sécurité dans la région et l’ensemble du continent », avait prévenu le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Tedros Adhanom Ghebreyesus à l’ouverture des travaux de la 24e session du Conseil Exécutif de l’UA. Replaçant ainsi la résolution des crises en Centrafrique et au Soudan du Sud au cœur des préoccupations de ce 22e Sommet. Message reçu cinq sur cinq par les dirigeants africains puisque le sommet qui devait être consacré à l’agriculture et à la sécurité alimentaire, enjeux clés pour le développement du continent, a été rattrapé par les conflits. Les chefs d’État ont finalement consacré l’essentiel de leurs débats à ces deux sujets. « Nous devons apporter notre appui à la demande de la présidente centrafricaine pour une opération de maintien de la paix », avait d’ailleurs déjà déclaré le président guinéen Alpha Condé, à l’issue d’une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Cet organe chargé des conflits, s’est, en effet, réuni à la veille du sommet des chefs d’État.

L’Angola et l’Afrique du Sud en renfort

Le mardi 28 janvier, l’ambassadeur  français à l’ONU, Gérard Araud, déclarait que plus de 10 000 Casques bleus étaient désormais nécessaires pour sécuriser le pays parce que « la situation est très très  grave ». Quelques heures plus tard, la nouvelle présidente de la RCA en personne, Catherine Samba-Panza, faisait la même demande. Mais le déploiement d’une force onusienne n’interviendra pas avant une mission d’évaluation de l’ONU prévue en février suivie du vote d’une résolution. Dans l’immédiat, la Mission de l’UA en Centrafrique qui compte déjà 5000 hommes sur place va être renforcée. Le président guinéen Alpha Conde, président du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA ne l’a

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en tout cas pas exclu. Outre les renforts du Rwanda et de République démocratique du Congo, qui porteront à 6 000 le nombre de soldats africains sur le terrain, l’Algérie a proposé d’envoyer des avions de transport de troupes. « Nous allons lancer un appel à l’Angola et à l’Afrique du Sud pour qu’ils fassent de même », a souligné le Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Sur le Soudan du Sud, en proie à de violents combats entre les parti- sans du président Salva Kiir et ceux de son ancien vice président, Riek Machar, depuis le 15 décembre 2013, les dirigeants africains veulent peser de tout leur poids pour obliger les deux camps à respecter les accords de cessez-le-feu signés dans la capitale éthiopienne le 23 janvier et engager un dialogue politique. Après les échecs malien et centrafricain, il s’agit donc pour les chefs d’État africains de montrer que l’Afrique est capable de régler ses propres conflits..

Mireille Patricia / Abié

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Hommes d'Afrique Magazine

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