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May 22, 2024
COOPERATION

« L’avenir de la CEMAC est obscurci »

  • février 15, 2014
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« L’avenir de la CEMAC est obscurci »

Dans quel cadre étiez-vous au 22ème sommet de l’Union africaine, vu qu’il portait sur l’agriculture et la sécurité alimentaire ?

Il est vrai que le thème principal de cette session était consacré à l’agriculture. Mais il n’y a pas eu que la rencontre des Chefs d’État. Il y a eu la réunion du NEPAD (Nouveau partenariat pour le Développement de l’Afrique), il y a eu les dossiers liés au Mécanisme africain d’évaluation par les Pairs (MAEP). Il y a plusieurs dossiers d’intérêt bilatéral et multilatéral. En ce qui me concerne, en dehors du dossier préparatoire de la conférence des Chefs d’État, il y a eu aussi des dossiers tout aussi divers qui ont émaillé cette session et que j’ai préparés.

[box type=’error’]Quels sont au niveau du NEPAD les grands projets qui ont été abordés ?[/box]

En ce qui concerne le NEPAD, vous avez de grands projets, dont le PIDA qui est le Programme de développement des infrastructures en Afrique. Il y a 16 projets qui sont arrivés à maturité pour lesquels certains Chefs d’État sont champions. Par exemple, le port en haute mer entre la RDC et le Congo, c’est le Président Sassou Nguesso qui en est le cham- pion, la route nord-sud du cap au Caire, c’est le Président sud-africain Zuma qui en est le champion. Vous avez la fibre optique et également d’autres projets pour créer une espèce de rideau de manière à étouffer l’avancée inexorable du désert. Voilà un peu autant de sujets que nous avons traités et sur lesquels nous avons donné des orientations. Maintenant, il y a de grands sujets sur lesquels nous planchons, notamment le financement de ces projets. Nous avons suivi un grand exposé de la Banque Africaine de Développement et à l’occasion, le vice-président de la Banque mondiale nous a éclairé sur ce que pourrait être l’essentiel du financement, le temps qu’il y a, une sorte de panier de monnaie qui recevrait les contributions de plusieurs bailleurs aussi bien africains qu’internationaux dans le but de financer ses projets qui sont arrivés à maturité et dont l’Afrique a tant besoin pour son développement.

[box type=’error’]À part ces grands projets de quoi a-t-il été question ?[/box]

On a également examiné les questions liées aux Accords de Partenariat économique. Le dossier sur le commerce a été présenté par le Président Idriss Déby du Tchad. À l’occasion, on a donc encouragé les États, les communautés économiques régionales à reprendre les discussions jusqu’à ce qu’on aboutisse aux accords de partenariat économique qui soient favorables à chacun de nos pays et vous devez savoir que pour que nos richesses potentielles nous permettent de nous développer, il faut naturellement que nous arrivions à les transformer localement. Donc pour que les échanges entre les pays africains et le reste du monde soient des échanges équilibrés produits contre produits ou alors matière contre matière. Et si c’est l’inverse, nous allons continuer à croupir dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Il y a eu aussi les dossiers politiques.

[box type=’error’]Comment est conduit dans votre pays le projet confié au Président Sassou ?[/box]

Il y a eu les pré-études qui ont été financées par la Banque africaine de développement. Actuellement, nous œuvrons pour des études définitives et la formulation des appels d’offres, pour qu’une fois, les études finies nous lançons pour choisir la société qui devra conduire les travaux. À ce moment-là, il se posera la question du bouclage du financement et c’est cela l’objet des nombreuses discussions que nous avons aujourd’hui. C’est un dossier qui avance très bien. L’activité 2014 c’est d’arriver juste- ment à créer cette dynamique de financement avec l’appui de la Banque Mondiale et il a été recommandé par la conférence des Chefs d’État de trouver des partenaires aussi bien dans les BRICS que dans les pays de l’OCDE de façon à ce qu’ils participent au financement de ces différents projets.

[box type=’error’]La libre circulation des personnes n’est pas encore effective au sein de la CEMAC. Pourquoi cet état de fait ?[/box]

Les Chefs d’État, au cours de la réunion de juin 2013 à Libreville, avaient convenu d’arriver à faire fonctionner ce mécanisme. Aussi bien la libre circulation des marchandises que la libre circulation des personnes. Il y a effectivement libre circulation des marchandises. Mais de manière assez limitée en raison de la situation des infrastructures. Ils ont également décidé de la libre circulation des personnes, mais nous avons appris au dernier moment que la Guinée équatoriale n’était plus favorable à la situation parce qu’ils avaient des préalables que le reste de la communauté n’a pas bien compris. Maintenant, ce qu’on fait, c’est qu’avec les quatre qui sont déjà engagés, il y a la libre circulation des biens et des personnes. Les deux autres pays c’est-à-dire le Gabon et la Guinée équatoriale, c’est à eux de créer les conditions pour nous rattraper au moment où ils penseront que les contraintes qui se posent à eux seront levées. De toutes les façons, l’avenir de la CEMAC est obscurci par cette donne et l’idéal serait que les frontières soient ouvertes au moins au niveau de la communauté économique.

[box type=’error’]En quoi est-ce que l’intégration agricole peut permettre à » Afrique de parvenir à une sécurité alimentaire ?[/box]

Aujourd’hui, on regarde ensemble la situation de l’état de l’alimentation de la population. Et on remarque qu’une bonne partie de la population africaine est encore dans la pauvreté, qu’elle est sous-alimentée ou mal alimentée. Ce qu’il faut faire justement, c’est d’accroître les possibilités agricoles pour que la population mange à sa faim. Voilà un peu le problème tel qu’il est posé. Et si cette année cela revient, c’est simplement parce que nous avons un problème. Il y a dix ans, il a été décidé que 10 % des budgets soit consacré au financement de l’agriculture. Malheureusement, on se rend compte que ces questions n’avaient pas été réglées comme les Chefs d’État en avaient convenu. Ceci étant, il est intéressant pour l’Union Africaine d’inciter les Chefs d’État à revenir sur cette disposition pour les recettes des États soient consacrées dans de bonnes parts à l’agriculture.

Propos recueillis par Valéry FOUNGBE

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Hommes d'Afrique Magazine

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