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April 14, 2024
COOPERATION

« Madagascar est incontournable pour notre développement »

  • février 15, 2014
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« Madagascar est incontournable pour notre développement »

[box type=’error’]Vous participez au 22e Sommet de l’Union africaine qui a réintégré Madagascar qui est l’un des pays phares de votre zone géographique, dans les instances de l’UA. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?[/box]

C’est une chance pour Madagascar tout d’abord, mais c’est une chance pour toute la sous-région parce que trop longtemps Madagascar a été en crise et maintenant nous devons pouvoir utiliser tout ce potentiel de Madagascar en tant que grenier de l’Océan indien, mais aussi en tant que partenaire très fort pour la sécurité maritime de la région. Pendant trop longtemps, Madagascar a subi cette crise, mais le pays a montré sa volonté à travers ces élections d’aller en avant, de créer une plate-forme pour le développement durable de ce pays, de pouvoir créer des institutions fortes qui permettront d’assurer et d’ancrer cette démocratie naissante pour permettre la continuation des efforts à réduire la pauvreté. Parce que pendant la période de crise, le nombre de personnes vivant au seuil de la pauvreté a malheureusement accru. Et ça, c’est une deuxième crise que nous devrons résoudre mainte- nant que Madagascar est de retour à l’Union africaine.

[box type=’error’]Vous parlez de Madagascar comme grenier de l’Océan indien. Quel a été l’impact de cette crise institutionnelle, de cette instabilité malgache sur les pays de la sous-région ?[/box]

Le problème de tous les insulaires, c’est la connectivité, c’est l’isolation. Et des pays comme les Seychelles, nous n’avons pas beaucoup de liaisons maritimes. Et souvent, ça fait que le coup de l’importation est très cher. Madagascar représente donc toute la possibilité pour nous, en étant très proche, de pouvoir produire beaucoup de choses pour l’exportation, mais aussi de pouvoir bâtir des liaisons maritimes fiables parce que le problème d’un petit marché c’est qu’une liaison maritime n’est pas automatique. Et à travers la commission de l’Océan indien, nous sommes en train de formuler un projet pour renforcer les liaisons maritimes et on ne peut pas le faire sans Madagascar. Alors le retour de Madagascar est essentiel.

[box type=’error’]Le retour et surtout la résolution de la crise malgache ont été du fait des pays mêmes de la sous- région. Quel a été l’apport des Seychelles ?[/box]

Les Seychelles avaient la présidence de la COI en 2012. Et la seule rencontre entre le président de la transition Andry Rajoelina et l’ex-président Marc Ravalomanana s’est faite aux Seychelles. Et c’est à cette occasion qu’il a été décidé que pour un nouveau départ de Madagascar, il était mieux d’aller de l’avant et que tous les anciens présidents ainsi que le président de la transition ne devaient pas se présenter aux élections. Et nous sommes très heureux que tous les groupements politiques aient honoré cet accord. Nous sommes donc allés à des élections qui ont vu l’élection d’un nouveau président. Des élections qui ne sont peut-être pas parfaites, mais ce sont les plus transparentes qu’il n’y a jamais eu à Madagascar et qui représentent la volonté du peuple malgache. Nous pouvons aller de l’avant en bâtissant des institutions fortes sur la base de ces élections. Je crois que la région a beaucoup investi, pas seulement en termes d’argent pour financer les élections, mais aussi en termes d’investissements techniques parce que pour nous, Madagascar c’est vraiment un partenaire incontournable pour notre développement. On ne peut pas arriver à nos objectifs sans avoir Madagascar à nos côtés.

[box type=’error’]Le thème de ce 22e Sommet c’est : Agriculture et Sécurité alimentaire. Quelle est la position des Seychelles et comment vous vous prenez pour garantir la sécurité alimentaire de vos populations ?[/box]

Le plus grand défi des Seychelles c’est l’isolation. Et en étant un tout petit pays, l’agriculture a souvent du mal à se développer parce que le marché est très petit. Par contre, nous avons mis en place, avec le soutien de l’Union africaine, le pro- jet CADDAP qui nous permet de développer une agriculture beaucoup plus basée sur la qualité et créer plus de richesses tout en assurant la sécurité alimentaire. Je crois qu’il ne faut jamais oublier non plus dans l’Union africaine que l’Agriculture c’est aussi la pêche, les ressources maritimes. Et les Seychelles sont l’un des plus grands exportateurs de poissons dans la région. Et nous voulons renforcer nos capacités, non seulement des Seychelles, mais également de toute la sous-région à mieux gérer nos ressources maritimes. Nous avons beaucoup parlé pendant ce sommet, mais ailleurs également du concept d’une économie bleue. Parce que nous devons renforcer nos capacités à gérer et à utiliser toutes les possibilités que représente l’océan pour l’Afrique. Je crois que trop souvent on a cru que les frontières africaines s’arrêtent sur la plage, parce qu’il y a des bateaux européens très bien équipés et d’autres nations qui viennent pêcher dans nos eaux. Il faut donc renforcer la capacité des pays riverains, des pays côtiers, des pays insulaires, afin de leur permettre de pou- voir bénéficier de nos ressources, de l’or bleu.

[quote arrow=’yes’]” Je crois qu’il y a beaucoup de crainte à avoir vis-à-vis de ce qui se passe en République centrafricaine. Mais en même temps, je crois qu’on peut se féliciter de l’unité africaine vis-à-vis de ces conflits et chercher à bâtir une architecture plus forte pour répondre à ces conflits”.[/quote]

[box type=’error’]Excellence, les ministres des Affaires étrangères étaient tous à Bar-Dar pour trois jours de retraite. Est-ce qu’on pourrait avoir une idée de ce qui a été discuté là-bas ?[/box]

Malheureusement je n’ai pas personnellement pu assister à la réunion de Bar-Dar parce que j’étais à Madagascar pour l’investiture du nouveau président malgache. Mais les Seychelles étaient représentées par notre Secrétaire d’État. Et nous avons pleinement participé aux discussions qui sont relatives à une vision pour l’Afrique du futur, mais qui commence aujourd’hui. Je crois qu’il faut que nous soyons plus efficaces. Il faudra que nous concentrions sur les éléments qui permettent de transformer les économies africaines. La contribution des Seychelles a été beaucoup plus axée sur l’aspect maritime, je veux dire l’économie bleue, mais nous nous associons pleinement à l’agenda 2063 des prochaines 50 années de l’Union africaine. À l’ouverture de cette 24e session du Conseil exécutif de l’UA, le ministre éthiopien des Affaires étrangères a replacé la gestion des crises, notamment en Centrafrique et au Soudan du Sud, au centre des discussions. Est-ce que vous pouvez nous en dire un mot ? Je crois qu’il y a beaucoup de crainte à avoir vis-à-vis de ce qui se passe en République centrafricaine. Mais en même temps, je crois qu’on peut se féliciter de l’unité africaine vis- à-vis de ces conflits et chercher à bâtir une architecture plus forte pour répondre à ces conflits. On n’y est pas arrivé encore. Il y a beaucoup de travail à faire. Mais, certainement, nous devons renforcer nos capacités en tant qu’États africains au sein de l’Union africaine pour pouvoir agir rapidement avec le soutien des autres, mais aussi de le faire plus rapidement nous-mêmes. Je crois qu’il y a quand même des exemples qui nous montrent que les choses ont été positives. L’appel des pays africains a été entendu, les forces françaises ont réagi par rapport à une demande africaine. Nous devons maintenant bouger pour le déploiement d’une force des Nations Unies. Il faut une force de maintien de la paix en République centrafricaine pour éviter que nous n’assistions à un génocide ou pire. Je crois quand même qu’en ce qui concerne la sécurité, l’Union africaine à la volonté, nous avons certains moyens qu’il faut renforcer. Et c’est surtout de cela que nous allons beaucoup parler pendant ce Sommet.

Réalisée par Mireille Patricia Abié

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Hommes d'Afrique Magazine

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