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February 28, 2024
INTERVIEWS

« Les Maliens reviennent de loin et ils sont déterminés à sauver leur pays »

  • février 15, 2014
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« Les Maliens reviennent de loin et ils sont déterminés à sauver leur pays »

Hommes d’Afrique: Qu’est-ce que le Mali entend apporter comme participation au thème du 22e Sommet de l’Union africaine consacré à l’Agriculture et à la Sécurité alimentaire ?
ZAHABI OULD SIDI MOHAMED: Le Mali est un pays agricole et nous avons deux fleuves (les fleuves Sénégal et Niger). Avec l’office du Niger, nous avons beaucoup de terres cultivables. Pour nous, l’agriculture est un sujet essentiel avec un intérêt particulier en ce sens que nous tirons la majorité de nos ressources dans ce domaine. En mettant cette question au centre de ses préoccupations de l’année 2014, l’Union africaine pose le vrai débat du développement du continent. Parce que lorsque nous prenons l’Inde, par exemple et même si comparaison n’est pas raison, quand ce pays qui a connu des problèmes de sécheresse et de famine a pu maîtriser sa production agricole, il est devenu autosuffisant. Leur décollage est parti delà tout comme les Chinois. Avec tout le potentiel du continent africain, nous pensons qu’il est possible de produire, de devenir auto suffisant au plan agricole et d’exporter nos matières.

Hommes d’Afrique: Pour que l’agriculture puisse être l’élément catalyseur du développement de l’Afrique et du Mali notamment, un climat de paix est nécessaire. Après des moments de soubresauts, quel est l’état actuel du Mali ?
ZAHABI OULD SIDI MOHAMED: Notre pays a traversé une double crise institutionnelle et sécuritaire au nord. Mais nous pouvons affirmer que tout cela est derrière nous maintenant. Notre pays reprend sa place. Nous avons eu des élections présidentielles et législatives dans un climat apaisé. Et ces scrutins ont été considérés comme exemplaires, car transparents et crédibles. Nous en sommes sortis avec l’élection du président Ibrahim Boubacar Kéita qui a quasiment été plébiscité avec un score de près de 78 %. Le Président Ibrahim Boubacar Kéita est un homme qui inspire confiance et les Maliens placent beaucoup d’espoir dans son charisme pour aboutir à une paix dans le nord. Justement, comment régler le problème du nord-Mali? Vous savez, même dans les camps de réfugiés où les populations ne s’intéressaient pas aux élections, le vote a été très fort et en faveur du Président Kéita qui connaît bien le nord du Mali. Avec le parlement acquis à sa mouvance, nous pensons que cela est un élément de stabilité politique qui nous permet d’envisager sereinement la résolution du problème du nord. Nous pouvons résoudre ce problème dans le cadre d’un dialogue inter malien. Ainsi, dès son investiture, le Président Kéita a reçu tous les chefs de la rébellion et les représentants des réfugiés. Il leur a dit les conditions du dialogue inter-malien. À savoir que tout est négociable sauf trois choses : l’unité et l’intégrité du territoire, la laïcité de l’État, un processus de paix inclusif. En effet, on ne peut pas seulement négocier avec les groupes armés en omettant la société civile et toutes les composantes du nord à savoir les Sonrhaï, les Peuhls, les Arabes et les Touaregs. En intégrant cette démarche, il est évident que les Maliens peuvent se retrouver et trouver une solution. En dépit de ce canevas que vous jugez idoine, la stabilité n’est pas encore revenue au nord du Mali…Nous avons présenté les perspectives de la résolution de cette crise. Nous n’oublions pas que pour y arriver, il y a des défis à relever. Ces défis sont la présence des groupes islamistes, des intégristes, du crime organisé, le trafic de drogue, etc. Certes l’intervention de la France que nous saluons, nous a permis de reconquérir l’intégrité de notre territoire, mais il y a des étapes à franchir. Nous ne dormons pas sur nos lauriers, car les islamistes même s’ils sont désorganisés aujourd’hui ont toujours des cellules dormantes. Nous tenons aussi compte des difficultés que présente une guerre asymétrique. C’est pourquoi nous pensons que dès que le processus de paix est parachevé, nous aurons un accord avec les groupes armés du nord et nous aurons des centres de cantonnement qui vont permettre de rallier tous ceux qui veulent la paix et qui se considèrent comme des Maliens en rejoignant la mère patrie. Une fois cela fait, nous allons nous atteler à combattre proprement tous ceux qui, étrangers à la crise malienne, vivent du crime organisé et de la contrebande. Nous allons relever ces défis avec l’appui de nos partenaires.

[quote arrow=’yes’]Rien ne peut empêcher la réconciliation entre les filles et les fils du Mali.[/quote]

Hommes d’Afrique: En marge du sommet de Paris sur la paix et la sécurité sur le continent en décembre2013, Président Ibrahim Boubacar Kéita s’était insurgé contre l’attitude des soldats français concernant la ville de Kidal. Quelle est la situation actuellement ?
ZAHABI OULD SIDI MOHAMED: C’est une situation qui est du passé. Effectivement, il y avait un blocage à Kidal et le Président Ibrahim Boubacar Kéita avait clairement exprimé que l’armée malienne ne pouvait pas exprimer ses pleins pouvoirs à Kidal. Une situation qui était inacceptable. Mais les choses sont rentrées dans l’ordre. Avec les forces françaises, la MINUSMA et les Nations Unies, nous avons trouvé une solution. Aujourd’hui, nous allons vers le dialogue et la paix. L’une des actualités brûlantes au Mali a été l’arrestation du Général Sanogo. Alors que des personnes prédisaient une déflagration à la suite de cette arrestation, on constate que tout s’est passé dans le calme. À quoi cela est dû selon vous? Certains avaient effectivement spéculé sur cette affaire. Ils ont peut-être oublié qu’aujourd’hui le Malia un régime démocratique avec un Président et des institutions fortes. Ces gens avaient d’abord prédit qu’on ne pouvait pas aller aux élections présidentielles et législatives. Ces élections ont eu lieu et se sont bien déroulées. On disait aussi que Sanogo était imprenable, etc. Cependant les actes posés parle gouvernement et le Président rassurent tout le monde et parlent d’eux-mêmes. Nous disons que cela est la force du Mali et à tous ceux qui prédisent l’apocalypse, nous ne cesserons jamais de les surprendre positivement.

Hommes d’Afrique: Au plan militaire également le Mali souhaite faire juger l’ex-Président Amadou Toumani Touré. Cela ne va-t-il pas en contradiction avec le processus de réconciliation et d’apaisement entamé par le nouveau gouvernement ?
ZAHABI OULD SIDI MOHAMED: Cette question relève de la Justice et nous ne nous mêlons pas de ces questions au nom de la séparation des pouvoirs. Il y a un certain nombre de dossiers sur lesquels la justice demande que l’ancien Président de la République soit entendu. C’est un processus qui requiert l’approbation du Parlement de cette interpellation judiciaire et il suit son cours normalement. C’est un non-évènement pour le gouvernement qui se garde de ne pas interférer dans les affaires judiciaires. Vous vous demandez si cette affaire peut jouer sur le processus de réconciliation ? Nous vous répondons par la négative. Rien ne peut empêcher la réconciliation entre les filles et les fils du Mali. Les Maliens reviennent de loin et ils sont déterminés à sauver leur pays.

[quote arrow=’yes’]On disait aussi que Sanogo était imprenable, etc. Cependant les actes posés par le gouvernement et le Président rassurent tout le monde et parlent d’eux-mêmes.[/quote]

Hommes d’Afrique: Pour revenir à vous, quels sont les axes prioritaires de votre mission à la tête de votre département ?
ZAHABI OULD SIDI MOHAMED: Notre but ultime, c’est de réaliser la paix au Mali. Pour ce faire, nous entendons redynamiser notre diplomatie conformément aux orientations du Président Ibrahim Boubacar Kéita. Nous allons mettre en place une diplomatie pragmatique orientée vers des résultats. Les Maliens veulent revoir leur pays avec tout son prestige d’antan. Donc nous allons y travailler. Ensuite, nous allons accentuer la diplomatie économie que, car aujourd’hui la meilleure diplomatie est celle qui rapporte au niveau du développement. Au niveau du secteur privé, nous allons participer à la redynamisation des échanges commerciaux. Nous avons déjà commencé à agir et nous laissons à nos compatriotes le soin de juger nos actions.

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