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February 28, 2024
POLITIQUE

Présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire : Un fidèle de Ouattara désigné candidat du RHDP, parti présidentiel

  • mars 31, 2020
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Présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire : Un fidèle de Ouattara désigné candidat du RHDP, parti présidentiel

Les dés semblent jetés pour la présidentielle d’octobre prochain en Côte d’Ivoire. L’Actuel chef de l’Etat, Alassane Ouattara, renonce à un troisième mandat, et positionne son fidèle parmi les fidèles, Amadou Gon Coulibaly, pour défendre les couleurs de son parti, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Ce fut une surprise, car il a longtemps entretenu le suspense sur sa candidature ou non à un troisième mandat. Ce 5 mars 2020, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny, à Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d’Ivoire, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a pris tout le monde de court, en déclarant : « Durant les deux mandats que vous m’avez confiés à la tête de notre beau pays, j’ai toujours accordé une importance toute particulière au respect de mes engagements. Dans le même esprit, j’avais à plusieurs occasions indiqué, au moment de

l’adoption de la Constitution de la 3e République, en 2016, que je ne souhaitais pas me représenter à un nouveau mandat présidentiel. En conséquence, je voudrais vous annoncer solennellement que j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle de 2020. » Une semaine, jour pour jour, après qu’Alassane Ouattara a annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat lors de la présidentielle d’octobre prochain, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a officiellement désigné Amadou Gon Coulibaly comme son candidat pour le scrutin d’octobre prochain.

Qui est Amadou Gon Coulibaly ?

Amadou Gon Coulibaly (né le 10 février 1959 à Abidjan) est un homme d’État ivoirien, Premier ministre depuis le 10 janvier 2017. Maire de Korhogo depuis 2001, date où le Rassemblement des républicains (RDR) remporte les Élections municipales, il est ministre sans interruption d’octobre 2002 au 23 février 2010. Le 10 janvier 2017, il est nommé Premier ministre par le président Alassane Ouattara.

Fils de Gon Coulibaly, député sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, Amadou Gon Coulibaly est issu d’une famille sénoufo très impliquée dans la politique du pays. Son arrière-grand-père, Péléfero Gbon Coulibaly, était en effet, le chef suprême des Sénoufos et un proche du premier président du pays, Félix Houphouët-Boigny. Il fait ses études à l’École des travaux publics de Yamoussoukro et obtient en 1982 son diplôme d’ingénieur. Amadou Gon commence sa carrière en tant qu’ingénieur de la Direction et contrôle des grands travaux (DCGTx) en 1983. Durant cette période, il y rencontrera Alassane Ouattara. En 1990, alors que ce dernier devient Premier ministre de Côte d’Ivoire, il intègre son cabinet. Il tient depuis cette période une relation privilégiée avec le président actuel ivoirien. Au sein du cabinet, il est conseiller technique du Premier Ministre et chargé des programmes d’ajustement sectoriel, des entreprises publiques et des projets d’investissements publics dont le gisement gazier de Foxtrot. À la fin du gouvernement de Ouattara en 1993, il revient à la DCGTx en tant que directeur adjoint.

Candidature sur fond de division

Il faut dire que la candidature d’Amadou Gon Coulibaly n’a pas été le fruit d’un consensus.

L’actuel vice-président, Daniel Kablan Duncan, qui se voyait jouer les premiers rôles, en est arrivé à une relation tendue entre lui l’actuel Premier Ministre, le désormais candidat du RHDP. Et il n’est pas le seul. Au sein même du parti présidentiel, des pontes du régime, tels qu’Amadou Soumahoro, actuel président de l’Assemblée nationale, Adama Toungara, Médiateur de la République, ancien Maire d’Abobo, du cercle de Ouattara, lui reprochent « de prendre en otage » leur mentor. A ceux-là, il faut ajouter le désormais ex-Ministre des Affaires étrangères, Amon Tanoh, il a donné sa démission ce mardi 17 Mars 2020, et Albert Toikeusse Mabri, Ministre de l’Enseignement supérieur. Ils contestent la légitimité de la candidature de l’actuel Premier Ministre. Si le premier a brillé par son absence les cérémonies mettant sur orbite Amadou Gon Coulibaly, comme candidat du RHDP, le second a refusé d’applaudir à l’annonce de cette candidature et est resté assis alors que tout le monde était debout à applaudir à tout rompre dans une salle surchauffée. C’est aussi clair que Guillaume Soro, ancien Président de l’Assemblée Nationale et candidat déclaré à la présidentielle de 2020, contre qui un mandat d’arrêt international est lancé pour des supposées

activités subversives, verrait dans cette candidature la consécration du complot ourdi contre sa personne pour laisser un boulevard à l’homme du sérail Ouattara. L’un mis dans l’autre, on peut dire que la candidature de Gon Coulibaly ne s’annonce sous de bons auspices.

Les chances du candidat du RHDP pour succéder à Ouattara

Majoritaire à l’Assemblée nationale et au Sénat, le RHDP va surfer sur cette dynamique pour placer son candidat au sommet de l’Etat. C’est certain. Aussi, l’actuel président pèsera-t-il de tout son poids dans la campagne de son poulain pour le voir au sommet de l’Etat. Cependant, l’opposition constituée essentiellement des partis de Laurent Gbagbo et d’Henri Konan Bédié, deux anciens présidents de la République, avec la plate-forme mise en place, donnera du fil à retordre au RHDP. C’est donc un scrutin qui s’annonce serré au regard des forces politiques en présence. Surtout quand on sait que l’opposition pourra compter sur le soutien de l’ex-président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. Compte tenu de son inimité avec le régime actuel, il n’est pas certain qu’il puisse faire allégeance au candidat du RHDP. Mais en politique, il n’y a pas de certitude confortable. Une réalité à l’instant T n’est pas

toujours identique à celle de l’instant d’après. Le plus important reste donc les conditions d’organisation du scrutin. L’opposition continue de bouder la Commission électorale indépendante (CEI) qu’elle juge inféodée au parti au pouvoir. La Cour africaine des Droits de l’Homme et des peuples, qui avait reconnu cet état de fait dans son arrêt du 18 novembre 2016, est à nouveau sollicitée, pour dire si oui ou non le gouvernement a apporté les corrections nécessaires au niveau de la CEI comme il le prétend. La décision dans le fonds est attendue ces jours-ci. Et elle renforcera l’un ou l’autre camp, selon qu’elle est faveur du régime RHDP ou de son

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Hommes d'Afrique Magazine

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