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May 20, 2024
POLITIQUE

78ième anniversaire du Président Teodoro Obiang Nguema : Une longévité politique qui a transformé la Guinée Equatoriale

  • juin 17, 2020
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78ième anniversaire du Président Teodoro Obiang Nguema : Une longévité politique qui a transformé la Guinée Equatoriale

Le Président de la Guinée Equatoriale a fêté ses 78 ans le 5 juin 2020. En tant que Chef d’Etat en fonction, le Président Obiang détient un record mondial de longévité politique. Au moment où l’alternance politique est brandie comme la panacée pour tous les Etats en voie de démocratisation, les 40 ans au pouvoir d’Obiang Nguema sont là pour démontrer qu’il n’y a pas de vérité immuable, tant l’homme a changé radicalement le visage de ce pays avec lequel personne ne comptait…
Lorsque le 3 août 1979, le Lieutenant-Colonel Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et ses hommes perpètrent ce qui a été dénommé le « coup de liberté », il ne s’attend pas forcément à durer au pouvoir ou encore à être celui-là même qui va redonner à la Guinée Equatoriale, un pays quelconque avant son indépendance et pendant 11 ans, son lustre qui fait jaser aujourd’hui tous les prédateurs.
Ce 3 août 1979, il y a comme un vent de liberté qui souffle sur la capitale Malabo. Malgré la présence militaire dans les rues, les populations ne peuvent s’empêcher de manifester leur joie. Par milliers, et cela dans toutes les villes du pays, elles descendent dans les rues pour humer l’air frais de la liberté retrouvée.
Avec le courage de l’homme de mission et de décision qu’il a toujours été, le Lieutenant- Colonel Obiang Nguema venait en fait de mettre un terme à une aventure politique qui risquait de disloquer à terme le nouvel Etat embryonnaire qui se construisait il y a juste dix ans. Visiblement, le premier président Francisco Macias Nguema éprouve toutes les difficultés du monde à tenir le pays dont il hérite en octobre 1968.
Pire, selon toute vraisemblance, il s’est englué dans une dérive dictatoriale sans nom, dans un pays où les populations commencent à manquer du strict minimum, en dépit de ses potentialités. Il brime des confessions religieuses dont les Catholiques devenus ses souffre-douleurs.
D’ailleurs La cathédrale de Malabo est fermée depuis dix ans ce 3 août 1979.
En 1979, la situation économique n’est pas des plus reluisantes. En effet, avant que Teodoro Obiang et ses hommes ne passent à l’action, la Guinée Equatoriale est un pays au bord du gouffre. Selon Hubert Cornet, ambassadeur de France à l’époque des faits, la production de cacao, une des meilleurs au monde,  avait été divisée par neuf. Quand celle du café n’existait pratiquement plus.
En outre, une grogne sournoise mais suffisamment bruyante se faisant entendre dans les rangs des fonctionnaires. Ils ne sont pas payés depuis des lustres. La poste centrale n’est pas au mieux. Elle aussi fermée.
A Malabo, en ce 3 août 1979, l’électricité avait pris congé des habitants depuis près d’un an en plus de l’eau qui était quasiment rationnée. Par jour, les habitants disposaient d’une heure pour s’approvisionner. Dans ses archives déclassifiées, l’ambassadeur Hubert Cornet a estimé que le passage de l’ex-président Francisco a été « Onze années d’aberration, d’obscurantisme et de régression. »
Les années Obiang Nguema et la transformation de la Guinée Equatoriale…
En prenant les rênes de ce territoire d’Afrique centrale de 28.000 km², le Lieutenant- Colonel Teodoro Obiang Nguema Mbasogo hérite donc d’un pays marginal. D’ailleurs, la pauvreté ambiante de ce pays à l’époque était source de quolibets de la part de certains homologues d’Obiang, qui le regardaient de haut, selon plusieurs sources.

Mais le diplômé de l’Académie générale militaire de Saragosse en Espagne, qui dès 1969 a été à la tête des forces armées équato-guinéennes, avant de finir ministre de la Défense ne va jamais se décourager. Lentement mais sûrement, il essaie d’asseoir son assise sur le pays avant de pallier les énormes problèmes laissés par onze de gouvernance de son prédécesseur.
Une décennie durant, il stabilise les fondamentaux et sécurise le pays. Cette stabilité permet à la Guinée Equatoriale d’être véritablement explorée. Ce qui va conduire à intensifier les recherches aux larges des côtes. Mais au milieu des années 90, tout va s’accélérer pour ce pays.
L’économie équato-guinéenne sera bouleversée par la découverte du champ pétrolier Zafiro en août 1996.

Du coup, pendant la décennie 2000, le PIB du pays a été multiplié par plus de dix. Avec la manne pétrolière, le Président Obiang Nguema peut alors mettre à exécution toute son ambition pour son pays. En déficit chronique d’infrastructures avant son arrivée au pouvoir, la Guinée Equatoriale va, sous la férule du Président Obiang, se lancer dans des investissements dans plusieurs domaines.

Ces investissements sont réalisés dans les secteurs publics et privés. Ainsi des ponts, des routes et autoroutes ont poussé comme des champignons. Dans l’esprit du Président, il fallait multiplier les chances d’un développement des échanges commerciaux avec ses voisins de la sous-région. L’ambition de relier donc les pays limitrophes au port de Bata, deuxième aire urbaine du pays, ne l’a jamais quitté.

Même si la Guinée équatoriale continue à peiner pour sortir de la récession économique provoquée par la chute des cours du pétrole en 2014, selon la Banque Africaine de développement « La manne pétrolière a permis au pays de moderniser ses infrastructures depuis deux décennies. D’ambitieux programmes sont en cours de réalisation pour différents types d’infrastructures (routes, ports, aéroports, adduction d’eau, transport, production et distribution d’électricité, etc.) généralement neuves et en bon état ».

Pour désengorger la ville portuaire de Bata et la capitale Malabo, le pays s’est lancé dans la construction d’une ville entièrement nouvelle au cœur de la jungle. Cette ville, Oyala, que relie à Bata une nouvelle autoroute, pourrait être fonctionnelle entre 2025-2030 et devrait accueillir entre 160 000 et 200 000 habitants. De plus, une grande université de 10 000 étudiants y est prévue. In fine, cette ville deviendra un pôle administratif, touristique, commercial.

Aujourd’hui, sous Obiang Nguema, le taux brut de scolarisation dans le primaire atteint 80 % et le taux de redoublement 24 %. Quant au chômage, il touchait 25 % de la population active en 2017, selon les perspectives économiques de la BAD. Comparé à plusieurs pays africains, le taux de chômage en Guinée Equatoriale demeure l’un des plus bas, signe que l’employabilité n’est pas aussi mauvaise.

Le Président de la Guinée Equatoriale fait aussi de la diversification économique un objectif important pour la croissance et la stabilité économique de son pays à long terme. Le secteur agricole, dont la contribution à l’économie nationale a été inférieure à 2 % du PIB entre 2014 et 2018, selon les études de la BAD, sera l’un des grands secteurs de la politique de diversification économique.

Le pays dispose d’un potentiel de 850 000 hectares (dont seulement 20 000 hectares cultivés aujourd’hui). En outre, le Plan national d’Investissement agricole et de sécurité alimentaire et nutritionnelle qui se focalise sur la formation des agriculteurs entend créer plusieurs petites et moyennes entreprises agricoles.

Par ailleurs, la Guinée Equatoriale n’a pas encore véritablement exploité son secteur de la pêche et de l’aquaculture. Or d’après les prévisions de la BAD, ledit secteur pourrait aussi être une importante source de diversification grâce à l’ampleur de la zone économique exclusive (territoire maritime) du pays.

Un leader qui a su protéger son pays des lendemains incertains…
Si la longévité politique du Président Obiang fait l’objet de glose dans plusieurs officines occidentales, ce n’est pas tant pour la promotion de la démocratie ou de l’alternance, mais surtout pour le chagrin de n’avoir pu le chasser de la tête de ce pays qui attirent toutes les convoitises. Les tentatives antidémocratiques pour renverser le Président Obiang, ses contempteurs n’en parlent pas trop.
Or, elles ont existé en impliquant des pays et personnalités insoupçonnées. Dans la nuit du 27 au 28 décembre 2017, des mercenaires étrangers venus du Tchad, du Cameroun, de la Républicaine et quelques Equatoguinéens ont tenté de renverser le régime. Cela alors que Teodoro Obiang Nguema se trouvait à Mongomo pour les fêtes du nouvel an.
Plus de 130 personnes, parmi ces mercenaires étrangers ont été condamnés en juin 2018 à des peines d’emprisonnement allant de 3 à 96 ans. Mais avant Obiang Nguema est parvenu à déjouer une dizaine de complots dont le plus emblématique remonte il y a 16 ans.
En effet, le 8 mars 2004, si le coup d’Etat prévu avait réussi, on parlera au passé depuis du Président Obiang. Mais avant qu’ils n’aient eu le temps de passer à l’exécution de leur plan funeste, les conspirateurs sont arrêtés un à un dans les pays d’où ils conjuraient. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo qui a longtemps été le chef d’un pays sans grandes ressources, traité avec suffisance par les autres présidents d’Afrique, avait à cette époque de quoi s’offrir des renseignements stratégiques.
C’est ainsi que par la collaboration entre le Zimbabwe de Robert Mugabé et la Guinée Equatoriale, le Boeing 727 qui devait transporter des armes et équipements d’une valeur de 100000 livres sterling a été saisi à l’aéroport d’Harare. Avec Simon Mann, l’un des chefs de ce coup, 69 autres personnes furent arrêtées ce 7 mars 2004 au Zimbabwe.
Ils furent jugés au Zimbabwe et Simon Mann reconnu coupable le 27 août 2004. Le Boeing 727 fut saisi, ainsi que les 180 000 dollars américains trouvés à bord…Mais deux avant ce jugement, une autre arrestation vient mettre en lumière les tentacules de ce coup foireux.
En effet, en Afrique du Sud, le 25 août 2004, Mark Thatcher, fils de Margaret Thatcher, ancien Premier Ministre britannique, est arrêté en Il est accusé d’avoir financé avec le Libanais Ely Calil la tentative de coup d’État en Guinée Equatoriale. Lors de son jugement en 2005 en Afrique du sud, il avoua avoir « tenté de financer des activités mercenaires » à hauteur de 275 000 dollars (230 000 euros) pour la location d’un hélicoptère.
Condamné à 4 ans de prison avec sursis, il a quitté l’Afrique du sud en mars 2005, après s’être acquitté d’une amende forte. Depuis Le 29 mars 2008, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par Malabo.
A 78 ans donc, Teodoro Obiang Nguema en a vu des vertes et des pas mûres. L’homme qui a littéralement transformé la Guinée Equatoriale faisant d’elle un pays au PIB parmi l’un des plus importants au monde, revient de loin. Il a bâti les fondations du futur de son pays. Malgré le ralentissement économique mondial, des espoirs existent pour que la Guinée Equatoriale revienne à sa situation florissante d’avant le choc pétrolier de 2014.
D’ailleurs, Malabo, sous la houlette du Président Obiang Nguema, vient de signer ses 5 premiers contrats miniers. Les activités d’exploration dans la région de Rio Muni, très prometteuse dans les minéraux tels que l’or, les diamants, les métaux communs, le minerai de fer et la bauxite débuteront dans quelques temps.
Ces 5 premiers contrats de l’histoire du pays comprennent un contrat d’exploration aurifère dans le bloc (I) avec Manhattan Mining Investment Co ; trois contrats de prospection avec Blue Magnolia Ltd dans le bloc (B) pour la bauxite et les métaux précieux, le bloc (K) pour l’or et le bloc (H) pour l’or, l’uranium, le fer, la bauxite, les métaux de base et les minéraux des terres rares ; et enfin un contrat de prospection avec Shefagold dans les blocs (N) et (O) pour le platine, le palladium, l’argent, le chrome, le cuivre, le magnésium, le phosphore, le minerai de fer et les minéraux associés.
Signés avec trois sociétés différentes et ces contrats font découlent de la conclusion du premier appel d’offres minier du pays l’année dernière, EG Ronda 2019. C’est une aubaine inestimable pour la Guinée Equatoriale pour minorer sa dépendance aux hydrocarbures.
Toute chose qui augure de lendemains heureux. Pour le Président Obiang qui laissera demain un pays solide pour les générations futures.

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Hommes d'Afrique Magazine

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