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April 20, 2024
EDITORIAL

LA CONFÉRENCE DE BERLIN : LEÇON D’INTELLIGENCE ET DE COOPERATION

  • novembre 9, 2019
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LA CONFÉRENCE DE BERLIN : LEÇON D’INTELLIGENCE ET DE COOPERATION

Combien d’Africains se souviennent de cette date : 15 novembre 1884 ? Un très petit pourcentage, sans doute. Personne ne peut leur en vouloir pour l’ignorance de cette importante date de leur histoire ; date du début d’un nouveau cycle de leurs souffrances, cycle qui se prolonge jusqu’à nos jours. Au lieu de blâmer l’ignorance des Africains, il faudrait interroger leur système éducatif. Qu’apprennent-ils à l’école ?

L’ignorance de cette date reste d’autant moins excusable que le 15 novembre 1884 n’est pas trop éloigné de nous.

Surtout, c’est une date dont les Africains, individuellement et collectivement, subissent les conséquences aujourd’hui encore. C’est cette date qui a créé leurs États. C’est elle aussi qui a tracé les frontières qui du jour au lendemain, les a faits étrangers l’un à l’autre, bloquant les déplacements, entravant le commerce intra-africain, alors que depuis la nuit des temps, les Africains étaient des hommes et des femmes libres, se déplaçant et commerçant librement, dans leur infini territoire.

En effet, la Conférence de Berlin, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, s’ouvre dans la capitale allemande le 15 novembre 1884. « Au nom de Dieu Tout-Puissant », commence l’Acte Général qui, le 26 février 1885 la conclut. Les Européens placent donc leur agression de l’Afrique sous la protection de leur « tout puissant Dieu ». Que les Africains prennent note, et tirent la conclusion spirituelle qui s’impose.

La Conférence de Berlin est un modèle de l’intelligence et de la coopération des Blancs contre les Noirs.

Modèle d’intelligence. L’Allemagne venait de s’apercevoir de l’avance que l’Angleterre et la France avaient sur elle en Afrique. Ces deux pays prétendaient déjà contrôler de larges pans du territoire africain. Ils en tiraient d’énormes richesses.

Nouvellement industrialisée, militairement vigoureuse, l’Allemagne, décida de se lancer à son tour, à la conquête de sa part du gâteau africain. En perspective, l’on prévoyait d’interminables guerres entre l’Allemagne, la France, l’Angleterre, et bien sûr aussi le Portugal, l’Espagne et tous les autres pays européens et même les USA. Aucun de ces pays ne pouvait rester neutre si l’Allemagne déclenchait les hostilités pour ravir à la France ou à l’Angleterre, les parties de l’Afrique que ces deux pays avaient en leurs possessions.

Intervint l’intelligence du Roi Léopold II de Belgique. Intelligence diabolique, mais, intelligence tout de même. On pourrait ajouter «intelligence pragmatique». Dès 1876, Léopold II avait créé l’Association Internationale Africaine. En 1878, il créa la Société Internationale du Congo, pour acquérir, la terre et les hommes du Congo, qui devinrent sa propriété.

Léopold II alla voir Otto Von Bismark, Chancelier allemand. Il lui dit : plutôt que de faire la guerre à la France et à l’Angleterre, pourquoi l’Allemagne ne s’accorderait pas avec ces deux pays pour ensemble se partager le gâteau africain qui est immense ? Il y en aura pour chacun de nous, a dû ajouter le roi belge.

Le Chancelier de fer s’est donné un temps de réflexion. Sous son leadership, l’Allemagne venait, en 1871, d’infliger une humiliante défaite militaire à la France. Les soldats allemands avaient occupé Paris. Le commandement allemand s’était installé dans les Châteaux de Saint-Cloud et de Château de Versailles, symbole de l’honneur français. Cette occupation montrait au monde, la domination de l’aigle germanique sur le coq gaulois.

Mais, même victorieuse, cette guerre avait été coûteuse. De nombreux Allemands étaient morts. Bismarck ne voulait plus de ces morts, surtout que la cause de ces nouvelles morts serait un bout de territoire africain. Jusque-là, l’Allemagne ne s’intéressait pas aux conquêtes coloniales. Bismarck n’avait-il pas déclaré que « toute l’Afrique ne vaut pas la vie d’un grenadier poméranien»?

Bismarck accepta la proposition de Léopold II. Avec le soutien anglais et portugais, il invita les représentants de 13 gouvernements européens et des envoyés des États-Unis d’Amérique, à la Conférence qu’il inaugura lui-même à Berlin ce 15 novembre 1884.

Voici les 14 nations qui participèrent à cette conférence : l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Belgique, le Danemark, les États-Unis d’Amérique, l’Espagne, la France, l’Italie, les Pays-Bas, l’Empire Ottoman, le Portugal, la Russie, la Suède, et le Royaume Uni.

La Conférence de Berlin est aussi un modèle de coopération. Que cette coopération ait eu pour but de nuire à autrui est un autre problème. À chacun de placer son curseur moral là où il v

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Hommes d'Afrique Magazine

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