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February 27, 2024
POLITIQUE

MAURITANIE OULD ADBEL AZIZ, L’HEURE DES COMPTES?…

  • octobre 21, 2020
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MAURITANIE OULD ADBEL AZIZ, L’HEURE DES COMPTES?…

Après plus d’une décennie passée au pouvoir, l’ex-président Ould Abdel Aziz a maille à partir avec la justice mauritanienne. Une Commission d’enquête parlementaire veut voir clair dans plusieurs affaires de malversations dans lesquels le nom de l’ex-homme fort du pays est cité. Pour Ould Abdel Aziz, l’heure de rendre compte sur sa gestion a sonné.

Chasse aux sorcières, volonté d’instaurer un climat de bonne gouvernance  en auditant la gestion des pouvoirs publics passés, nul ne peut présager des intentions du nouveau pouvoir en Mauritanie. Ce qui est pour l’instant certain, c’est que l’ancien homme fort du pays n’a plus le sommeil tranquille. Et pour cause ? La Commission d’enquête parlementaire, réclamée par l’opposition et finalement mise en place par le parti au pouvoir enquête sur des dossiers, à première vue, compromettants pour le président Ould Abdel Aziz.

C’est en avril 2020 que le président Ould Abdel Aziz a été situé sur l’imminence de ses ennuis judiciaires actuels. En effet, le 20 avril 2020, le porte-parole de la Commission d’enquête parlementaire, Lemrabott Bennahi,  donnait le ton sur RFI : «  Il a été responsable de ce pays pendant près d’une douzaine d’années. C’est la commission qui va juger le moment de sa convocation. Et c’est un travail parlementaire. Et le droit accorde au Parlement le droit de contrôler toute action gouvernementale qu’elle soit en cours ou qu’elle soit passée ».

Depuis, ce sont des dossiers qui sont exhumés au support de l’enquête parlementaire en cours. Et cela a valu à l’ex-président une première interpellation et garde à vue, avant celle du lundi 17 août 2020.

L’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz avait répondu à une convocation de la police de répression des crimes économiques  et auditionné dans le cadre des enquêtes autour du fameux rapport de la commission parlementaire sur sa gestion de 2008 à 2019.  La Commission d’enquête veut en effet faire la lumière sur plusieurs dossiers dont, la gestion des revenus pétroliers et miniers (FNRH et SNIM), l’attribution de marchés publics (Sonimex), l’attribution de concessions portuaires (Arise), les signatures de contrats dans les domaines de l’énergie (Somelec) etc.

En outre, la Commission d’enquête parlementaire (CEP) veut comprendre comment la Mauritanie s’est écroulée économiquement en 2019 selon un rapport de la Cour des comptes, selon lequel, les caisses du pays étaient quasiment vides à l’époque. En effet, d’après ce rapport corroboré par le Premier Ministre de l’époque, il n’y avait que 26,4 milliards d’ouguiyas (dont 18 milliards d’aides de la Banque mondiale)  dans les caisses de l’Etat dont les obligations s’élevaient à plus de 200 milliards d’ouguiyas…

Les affaires  Ould Abdel Aziz…

Si les travaux de la Commission d’enquête parlementaire ont conduit aux auditions de plusieurs anciens responsables de structures étatiques, c’est sûrement les affaires qui concernent le président Ould Abdel Aziz qui retiennent l’attention des Mauritaniens. La plus emblématique restant celle de la SOMELEC (Société Mauritanienne d’électricité).

Selon les enquêteurs, l’ex-président Ould Abdel Aziz ne payait pas ses factures d’électricité à son domicile privé à Nouakchott. A ce domicile privé du président, dans le quartier Nasr,il ressort que celui-ci utilisait l’électricité via un branchement non autorisé.

Mais il y a aussi le cas de ses entreprises qui, elles aussi utilisaient l’électricité publique gratuitement, à en croire l’enquête. Le journal mauritanien AL AKHBAR évalue les sommes dues à la SOMELEC à près de 400 000 euros….

Au-delà de la fraude sur l’électricité amplement documentée par les enquêteurs, les Mauritaniens semblent découvrir l’énormité de la richesse de leur ex-président qui tout en gouvernant le pays au plan politique, avait l’œil bien rivé sur ses affaires personnelles. Un florilège de ses acquisitions montre qu’il disposait en plus d’une entreprise dans la banlieue de Nouakchott de plusieurs autres.

L’enquête a révélé que Mohamed Ould Abdel Aziz était propriétaire d’une zone de décorticage de riz dans le village de Rosso, d’une station de pompage pour une ferme, encore dans le village de Rosso, d’une usine d’embouteillage et d’utilisation d’eau minérale et d’une usine de produits de la pêche à Nouadhibou, deuxième ville et poumon économique du pays.

Pour l’ancien président, c’est l’heure de rendre des comptes. Même si certains soupçonnent le nouveau régime de se servir  de ces enquêtes pour en finir avec l’influence d’un ex-président qui a laissé un pays surendetté, il n’en demeure pas moins qu’Ould Abdel Aziz devra essayer d’éclairer ses compatriotes sur tous ses biens et ses factures impayées. Juste pour une question de transparence.

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Hommes d'Afrique Magazine

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