NouveautéOffre incroyable pour nos abonnés exclusifs !Lire plus
May 20, 2024
CULTURE

Tourisme et industries culturelles: Le Cameroun veut rentabiliser ses richesses culturelles.

  • avril 28, 2022
  • 6 min read
  • 330 Views
Tourisme et industries culturelles: Le Cameroun veut rentabiliser ses richesses culturelles.

Afrique en miniature et regorgeant d’énormes merveilles naturelles et culturelles, le Cameroun souhaite faire contribuer sites touristiques et culturels à sa croissance économique et à la création des emplois.

Le Cameroun est un scandale de richesses patrimoniales. Tous les peuples, tous les villages regorgent pratiquement des richesses qui pourraient faire l’objet d’une inscription au patrimoine mondial. La diversité de ces biens matériels et immatériels ajoute à cette merveille à ciel ouvert un atout particulier en Afrique. Si le Cameroun est appelé Afrique en miniature ou encore condensé d’Afrique, c’est parque qu’on y retrouve presque tout, sauf les pyramides.

Seulement le défi, c’est de transformer ce potentiel en industrie culturelle ou touristiques capables de générer de la valeur ajoutée à l’économie en termes de recettes de tourisme, création d’emplois, infrastructures etc.

Pour ce faire, le ministère de la culture du Cameroun et le Bureau de l’Unesco en Afrique centrale ont engagé des consultations des acteurs nationaux à l’effet de mettre sur pied un registre national à jour des richesses patrimoniales. Des acteurs de terrains en l’occurrence les fonctionnaires des arts et de la culture en région, les experts de l’Unesco sont réunis à Kribi, ville balnéaire du sud Cameroun. Ils veulent mettre sur pied des itinéraires patrimoniaux. Il s’agit, au sens de la convention de 1972 sur la protection du patrimoine mondial culturel et naturel, des répertoires dynamiques des sites touristiques, biens naturels et ancestraux qui peuvent faire l’objet d’admiration sur le trajet d’un voyageur à travers le Cameroun.

Le programme national des itinéraires patrimoniaux visent à répertorier ces richesses par aires culturelles. Le Cameroun en compte 4 : les Sawa (peuple de l’eau), les Beti, bulu, fang (peuple des forêts), les soudano-sahélien (nord) et les grassfields (ouest). La stratégie pour y arriver consiste entre autre à faire l’inventaire des sites, dresser une stratégie marketing pour promouvoir et générer de l’attractivité, rentabiliser économiquement ces richesses ainsi les acteurs et enfin préserver et pérenniser pour les générations actuelles et futures.

Esquisses

Le Cameroun, de par son potentiel, a vocation à être une destination touristique d’envergure. Pour en mettre plein la vue aux participants à l’atelier, les experts de l’Unesco se sont livrés à une illustration d’itinéraire technique : si un touriste partait de Yaoundé pour Foumban, il pourrait avoir pour première découverte la grotte de Ngog Lituba à Nyanon. En continuant sur Edea, il va visiter le vieux pont allemand sur la Sanaga. En allant sur Kribi, il a le pont sur le Nyong, la chefferie Bipinda où il peut s’entretenir avec le Chef et être instruit sur ce peuple, ses contes et légendes. Poursuivant son voyage, il va admirer à Kribi le phare allemand, la réserve de Campo, les chutes de la Lobe. Reprenant son chemin sur Douala, il sera aux prises avec des merveilles visuelles et historiques telles que les comptoirs coloniaux, la pagode, le djoudjou de Douala, la nouvelle statue de la liberté. Continuant sur Buea, le touriste a le palais de Von Puttkamer, l’ancien gouverneur allemand. Il pourra également tutoyer le mont Cameroun. Dans sa route vers l’ouest du pays. Le visiteur, sans doute admiratif déjà, sera époustouflé par les paysages uniques de l’ouest, notamment à foumbot. A foumban, il a le palais et le musée su sultan. Il peut même vivre le festival Nguon. La plus ancienne manifestation culturelle en Afrique centrale.

Cet itinéraire, il n’a pas été fait mention des arts culinaires qui font du Cameroun un musée gustatif. Sur le long du chemin, il y aura l’okok, le ndole, le eru, le ekwang, achu, le rat de Tonga, les avocats de Mbouda, les fruits noirs et les piments de bangangte. On pourra aussi et surtout découvrir la richesse de la pharmacopée camerounaise. Enfin, il y a la possibilité de rencontrer les gardiens des savoirs patrimoniaux pour tenter de percer le mystère de ces savoir-faire.

Défis

Tout ceci est possible. C’est la volonté de l’Etat du Cameroun et de l’Unesco d’y arriver. D’où l’atelier de cadrage et de lancement du programme national des itinéraires patrimoniaux de Kribi. Pour le chef régional de la culture de l’Unesco, Dodé Houehounha, « le rêve est permis. Cette chimère se réalise aujourd’hui et reprend vie. Cette initiative contribuera sans nul doute, à la sauvegarde du riche et diversifié patrimoine naturel du Cameroun, à la résilience des communautés locales et des acteurs culturels, et renforcera le rôle de la culture dans la transformation structurelle du Cameroun ».

Dans son discours d’ouverture, le secrétaire général du ministère des arts et de la culture a indiqué que le Cameroun a changé de paradigme et la culture est devenue un sujet économique à part entière. Elle doit désormais contribuer à « la consolidation du PIB autrement dit à la consolidation de la richesse nationale en tant que source d’emplois décents et de revenus convenables ». L’intérêt pour le Cameroun de réfléchir sur les itinéraires patrimoniaux charrie au moins 3 enjeux majeurs « un enjeu de conservation qui nécessite un inventaire exhaustif de toutes les catégories de patrimoines de nos sites et aires culturels afin de reposer des mesures idoines de sauvegarde ; un enjeu de développement qui fait un lien dans le cas d’espèce entre le tourisme et les industries culturelles sources d’emplois et de revenus ; un enjeu de société enfin qui est lié à la contribution de notre patrimoine au problème d’identité culturelle, de cohésion sociale et de dialogue interculturelle, socle de notre identité, de notre unité et de notre intégration nationale ».

Il y a donc matière à s’y employer inexorablement. Pour y arriver, il faudra surtout veiller à la durabilité. Pour les autorités traditionnelles, il faut lutter contre la dégradation de certains patrimoines qui sont menacés d’extinction par des activités d’agro-industrie.

Pour les acteurs de terrains, les responsables du ministère des arts et de la culture, il faudra investir la logistique afin que l’inventaire, qui est une activité permanente et dynamique, soit mené avec efficience. Ils plaident pour la sensibilisation et l’information des populations riveraines sur la valeur des patrimoines et les bonnes pratiques à suivre pour leur préservation et pérennisation.

Tout ceci est fait pour permettre à l’Afrique de voir augmenter sa contribution au patrimoine.

About Author

Hommes d'Afrique Magazine

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *