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May 30, 2024
FOCUS

Avec la ZlecAF «l’Afrique prouve que l’impossible est possible»

  • août 8, 2019
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Avec la ZlecAF «l’Afrique prouve que l’impossible est possible»

Dans un an exactement, le démantèlement tarifaire dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) va commencer. Cela définit un nouveau modèle pour le commerce de l’Afrique, ainsi que pour l’ensemble du programme de développement à long terme du continent.

La Zlecaf peut stimuler le commerce, l’industrialisation, la croissance économique et le bien-être des pays africains. Ces gains ne seront toutefois pas automatiques et, comme pour tout autre accord commercial, les pays africains connaîtront sans aucun doute des coûts d’ajustement à court terme.

Tous les pays devront faire face à des coûts directs de mise en œuvre, liés à l’introduction de nouvelles réformes imposées par l’accord et à la modification des recettes tarifaires. Les pays moins diversifiés, comme le Niger, voudront investir dans des politiques complémentaires pour que leurs économies tirent profit de l’accord, ainsi que dans des groupes de soutien qui pourraient être vulnérables aux changements occasionnés par la Zlecaf. Le secteur privé et les ménages peuvent avoir à supporter les coûts liés au réajustement structurel de l’économie qui réagit aux nouvelles opportunités et aux pressions concurrentielles.

Les pertes à court terme ne sont pas une raison pour ne pas aller de l’avant : l’Histoire montre que les gains à long terme de la libéralisation du commerce l’emportent largement sur les coûts d’ajustement à court terme. Au contraire, il est crucial que le processus de la Zlecaf soit accéléré et que la libéralisation des tarifs douaniers et des services ne soit considérée que comme un élément clé d’un programme africain plus large et progressif de commerce et de développement.

La Zlecaf promet un meilleur accès à un marché combiné de 55 pays, de 1,2 milliard de personnes et d’un PIB de 2 500 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros). D’autres éléments seront cruciaux pour s’assurer que la Zlecaf soit « conviviale » et que l’accès préférentiel au marché accordé à partir de juillet 2020 se traduise par de réelles opportunités. Quelles sont les pièces manquantes ?

Premièrement, l’accès préférentiel aux marchés est un élément majeur, mais il est encore plus important de réduire les coûts commerciaux non tarifaires auxquels sont confrontées les entreprises africaines importatrices et exportatrices : transport et stockage transfrontaliers inadéquats, taxes commerciales informelles, longues procédures douanières… Ces coûts empêchent les entreprises d’importer les intrants dont elles ont besoin pour être compétitives et réduisent les bénéfices qu’elles tirent de leurs exportations.

Par exemple, en 2015-2016, les Pays-Bas ont exporté plus de 90 000 tonnes d’oignons vers la Côte d’Ivoire. Or le Niger est un important producteur d’oignons et constitue un marché beaucoup plus proche de la Côte d’Ivoire au sein de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Mais, en raison des barrières non tarifaires, les oignons nigériens sur le marché ivoirien peuvent coûter le double du prix des oignons néerlandais. Il faut accélérer la mise en œuvre du mécanisme de la Zlecaf prévoyant le suivi, la notification et l’élimination des barrières non tarifaires, ainsi que des mesures complémentaires de facilitation du commerce et de coopération douanière.

Deuxièmement, il est impératif que les questions en suspens concernant les règles d’origine soient réglées d’ici à la fin de l’année. Il s’agit là d’un élément fondamental de tout accord commercial. Toutefois, des règles d’origine strictes peuvent s’avérer particulièrement lourdes pour les micros, petites et moyennes entreprises. Un manuel des règles d’origine aiderait à guider les entreprises sur la manière de bénéficier des préférences commerciales.

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Hommes d'Afrique Magazine

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